Le ventre. On en parle peu. On le cache souvent. Et pourtant.
Depuis des millénaires, toutes les cultures du monde lui accordent une importance que nous avons un peu perdue en Occident.
Au Japon, le ventre se dit « hara » — et c’est bien plus qu’une partie du corps. C’est le siège de l’énergie vitale, des émotions, de l’intention. Les Japonais disent « je réfléchis dans le ventre ». Être généreux se dit « avoir le ventre large ». Se mettre en colère ? « Sortir le ventre ». Être enceinte ? « Sa majesté le ventre est grosse » — oui, le ventre est traité comme une majesté.
En Inde, le nombril est sacré : selon la mythologie, c’est de là qu’est née la création du monde, par une fleur de lotus sortie du nombril de Dieu.
En Afrique, chez les Sérère du Sénégal, le ventre est le lieu des sentiments profonds, du secret, de la parole vraie. Là où la tête pense, le ventre ressent.
Chez les Bouddhistes, le Bouddha au gros ventre n’est pas un hasard — il incarne le bonheur, la plénitude, la chance.
Et nous, en français ? On a la peur au ventre. Les papillons dans le ventre. Le mal au ventre quand quelque chose nous pèse. On dit « je sens dans mon ventre que c’est juste ».
Le ventre sait. Avant même qu’on comprenne.
C’est pour ça que je le photographie. Pas pour sa forme. Pour ce qu’il porte. Assumez le, assumez vous, soyez fière, vous êtes beaux 🙂
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