Vous commencez à vous en douter. Je vénère nos corps. L’image dégradée que la société nous impose sur nos corps me dérange. Nous sommes tous beaux dans nos différences. Le modèle unique et parfait n’existe pas.
Le sujet aujourd’hui c’est : Les cheveux.
Depuis la nuit des temps, dans toutes les cultures, ils ont représenté bien plus qu’une histoire d’esthétique.
Dans la Bible, Samson tient sa force légendaire dans sa chevelure. Quand Dalila le trahit et lui coupe les cheveux durant son sommeil, il perd tout — sa puissance, sa liberté, son peuple. Les cheveux comme siège du pouvoir. Littéralement.
Chez les guerriers Maoris de Nouvelle-Zélande, les cheveux longs préservent le « mana » — leur force spirituelle. Les couper est un acte de pénitence ou de deuil. Pas une question de style.
Chez les Lakota Sioux, les couper après un deuil marque une rupture avec le monde d’avant. Un acte de transformation profonde, pas un rendez-vous chez le coiffeur.
En Afrique de l’Ouest, les Yoruba voient les cheveux comme des réceptacles d’énergie spirituelle. Les coiffures élaborées servent à établir un lien avec les ancêtres lors des cérémonies.
En France, au Moyen-Âge, seule la monarchie pouvait porter les cheveux longs. C’était un privilège royal — pas un choix.
Et puis il y a la rébellion. Les hippies des années 60 qui laissent pousser pour dire non à la guerre. Le punk qui crête et colore pour rejeter l’autorité. Les femmes iraniennes qui coupent les leurs dans la rue en 2022, devant les caméras, au péril de leur vie.
Couper ses cheveux. Les laisser pousser. Les cacher. Les montrer. Ce n’est jamais un geste anodin.
C’est pour ça que quand je photographie une femme et que le vent joue dans ses cheveux — je sais que je photographie quelque chose de plus grand qu’une coiffure. C’est sa force, son essence, sa personnalité, un choix qu’elle a fait de les porter comme ci ou comme ça.
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